Bon, bon, bon ... On ne peut pas dire que je sois très fidèle à mon blogue. Que s'est-il passé depuis ma bonne volonté de début d'année et maintenant ? Six longs mois, entre autre. Que s'est-il passé pendant tous ces mois ? Beaucoup trop d'évènements que je ne suis pas encore en mesure de gérer, mais il faut que j'apprenne, il paraît.
Comme je l'indique dans ma description de blogue, je suis une enseignante au secondaire qui adore son travail... et peut-être trop. Je n'ai plus honte de le dire, j'ai craqué. Mon corps et mon esprit m'ont abandonnée. Le diagnostic médical est tombé: épuisement professionnel. Le terme fait peur à plusieurs d'entre nous, la réalité l'est tout autant. Depuis plusieurs mois, mon corps m'a pourtant envoyé de nombreux signaux: nausées, migraines, étourdissements, etc. J'ai mis le tout sur le compte de la fatigue, du stress inhérent à l'emploi, à mes nombreuses implications et réunions de toutes sortes. Jamais je n'aurais pu croire que cela aurait pu m'arriver à MOI. Aux autres, sûrement, mais pas à moi. Il m'a bien fallu me rendre à l'évidence. Je ne dormais preque plus, je n'avais plus faim et surtout, je n'avais plus aucune concentration. C'est ce dernier symptôme qui m'a fait le plus peur. Je n'arrivais plus à lire et à retenir l'information. J'assistais à mes réunions et je ne comprenais plus rien. Ce n'était pas moi cette personne-là. Mais c'était rendu moi ...
J'ai alors pris mon courage à deux mains et je suis allée rencontrer mon médecin (j'ai la chance d'avoir un médecin en or !). Il m'a écouté et ensemble on en est venu à la conclusion de l'épuisement professionnel. Il m'a signé un "congé" de maladie jusqu'à la fin de l'année scolaire. Cela fait donc quelques temps que je suis arrêtée et ce, jusqu'à la prochaine rentrée scolaire. J'ai eu peur ... qu'allais-je faire de tout ce temps ? Je me suis bien vite rendue compte que je ne pourrais pas faire grand chose ... les premières semaines j'ai été très malade: migraines et vomissements. Par la suite, j'étais clouée au lit de fatigue, tout mon corps me faisait mal. Maintenant, aujourd'hui, après quelques semaines de repos, je peux dire que je vais un peu mieux ... mais la fatigue est toujours présente et c'est plutôt difficile à accepter. Quand on est habituée à faire une multitude de choses dans notre journée et notre semaine, accepter que l'on ne peut rien faire, ce n'est pas facile.
Pourquoi je parle de ma réalité ? Parce que dans la société de performance dans laquelle on vit, nous sommes vite jugés lorsque l'on parle d'épuisement professionnel. Cet état dans lequel je suis, je ne le souhaite à personne. Ce n'est pas visible, ce n'est pas tangible, mais c'est bel et bien là. Rappelez-vous de la publicité concernant la dépression. Celle où l'on voyait les collègues compatissant devant une jambe cassée, mais qui ne semblaient pas comprendre la dépression de leur collègue. Ce n'est pas parce que ça ne se voit pas que ce n'est pas douloureux. Par chance, j'ai des collègues et une direction en or (je suis extrêmement chanceuse !). Ils ont bien compris ma situation et ils me supportent. Très rapidement, à l'annonce de mon départ, ils ont pris ma tâche et mes élèves en charge. J'ai pu compter sur leur appui et cela a allégé de beaucoup la "culpabilité" de partir.
Dorénavant, il faut que j'apprenne à m'accorder plus de temps, à me mettre au centre de ma vie. Tout un apprentissage ! Je vais y arriver, j'ai confiance en moi.
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